Relargage de l’épave du Tanio et échouage d’oiseaux mazoutés : restons vigilants

Depuis mi-octobre, plus d’une centaine d’oiseaux marins mazoutés se sont échoués sur les côtes bretonnes. Un tel phénomène s’était déjà produit l’hiver dernier. Comme l’an passé, Vigipol a demandé le concours des collectivités et des associations pour recenser le plus précisément possible ces oiseaux et disposer ainsi d’une vue globale de la situation et de son ampleur. Comme l’an passé, les analyses réalisées par le Cedre ont identifié l’épave du Tanio comme cause de cette pollution.

Lien vers le communiqué de presse

 

L'épave du Tanio

Le pétrolier Tanio s’est cassé en deux le 7 mars 1980 au cours d’une forte tempête. La partie avant du navire a été remorquée vers le port du Havre tandis que la partie arrière sombrait à quelques 50 kilomètres au Nord de l’île de Batz (29). Cette épave gît depuis 40 ans par 80 mètres de fond sans causer de pollution signifi cative pendant de nombreuses années.

Novembre - Décembre 2019

Entre mi-novembre et fin décembre 2019, Vigipol, alerté par des signalements d’arrivages à la côte d’oiseaux mazoutés de plusieurs communes, sollicite ses adhérents pour recenser tous les oiseaux. 70 oiseaux seront ainsi comptabilisés en un mois et demi. Avertie par Vigipol, la préfecture maritime de l’Atlantique demande au Cedre de procéder à des analyses d’hydrocarbures sur les plumes des oiseaux qui identifieront le Tanio comme source de la pollution. La préfecture maritime, après inspection de l’épave, entreprend des réparations sur la coque en septembre 2020 afin d’obturer les valves par lesquelles un épanchement d’hydrocabures a été constaté. Ces opérations n’auront cependant pas été suffisantes puisqu’à peine un mois et demi plus tard, de nouveaux oiseaux marins se trouvent souillés par le pétrole du Tanio.

Situation actuelle

Le 24 novembre 2020, la commune de Lampaul-Plouarzel signale à Vigipol deux oiseaux mazoutés. Le Syndicat mixte relance ses recherches d’informations auprès des communes, de la Ligue de Protection des Oiseaux, de Volée de piafs, de la préfecture maritime et du Cedre. Elle demande de nouveau aux communes de signaler tout arrivage. Il s’avère que dès mi-octobre des oiseaux sont arrivés. Au fil des semaines, le nombre d’oiseaux recensés grandit.

La carte ci-dessous synthétise l’ensemble des oiseaux mazoutés qui nous ont été signalés. Notons que le nombre est déjà près du double de l’an passé, la zone d’échouage est beaucoup plus étendue ainsi que le pas de temps sur lequel le phénomène survient. 

 

 

Et maintenant ? Les échouements d'oiseaux mazoutés continuent : restons vigilants

De nouveaux échouements à la côte d'oiseaux mazoutés ont été signalés à Vigipol ces derniers jours (semaine 12). Près de 70 % des oiseaux échoués recensés sont des Guillemots de Troïl et 20% des Pingouins Torda.

20210325 Frequence echouages especes

 

Vigipol poursuit ce comptage. Ce recensement permet à Vigipol de jouer son rôle de vigie et d’alerte sur ces pollutions à bas bruit, malgré tout non sans impact sur le littoral, et de voir avec la préfecture maritime les dispositions à prendre pour réduire le risque causé par cette épave.

 

Que faire si vous trouvez un oiseau échoué mort ou vivant ?

> Signaler à Vigipol tout échouement d’oiseau que vous pourriez constater sur le littoral de votre commune 

Par email à l’adresse : pollution[@]vigipol.org en nous indiquant la date et le lieu de la découverte (commune et nom du lieu-dit), le nombre d’oiseaux trouvés, la ou les espèces d’oiseau(x) concernée(s) si vous les connaissez, s’ils sont vivants ou morts, s’il y a ou non des traces d’hydrocarbures sur l’animal, ce que vous en avez fait. Joignez-y si possible des photos des oiseaux. Il n’est à ce jour pas nécessaire d’effectuer de prélèvements systématiques de plumes souillées pour analyse. N’hésitez pas à nous appeler si vous avez des questions.

Par ailleurs, nous sommes toujours en alerte influenza aviaire, plusieurs cas ayant déjà été constatés en France sur la faune sauvage migratrice (plus d’infos sur : https://www.lpo.fr/conseils/faq-grippe-aviaire). L’Office Français de la Biodiversité souhaite que leur soit signalé tout constat suspect d’oiseaux morts, sans prendre de risque de disséminer le virus lorsqu’il est présent. Il existe un intérêt pour la surveillance épidémiologique de l’influenza aviaire lorsqu’il s’agit en priorité d’oiseaux d’eau +/- migrateurs (anatidés (canards, oies, cygnes), laridés (mouettes et goélands) et rallidés (râles, foulques)), les autres échassiers (hérons), et les rapaces (mangeurs d’oiseaux) ainsi que toute mortalité groupée de 3 individus au moins au même endroit.

 > Procédure à suivre pour prendre en charge les oiseaux échoués 

+ Si l’oiseau est vivant : Mettre l’oiseau dans un carton percé en manipulant celui-ci avec précaution pour éviter qu’il ne vous blesse et avec des gants pour vous protéger des hydrocarbures. Ne lui donner ni à boire ni à manger et ne pas tenter de le nettoyer soi-même. Contacter la station ornithologique de la LPO de l’île Grande au 02 96 91 91 40 qui vous donnera la marche à suivre. 

+ Si l’oiseau est mort :

- Si l’oiseau a des traces d’hydrocarbures : Prévenir la commune à qui il est demandé de prélever des échantillons de plumes à transmettre au Cedre afin d’être en mesure d’identifier la pollution. Le Cedre dispose en effet d’équipements analytiques lui permettant d’identifier l’origine d’une pollution. Une fois les échantillons prélevés, mettre le cadavre dans un bac d’équarrissage.

Procédure à suivre pour l’envoi d’échantillon de plume au Cedre :

1) Prélever 2 à 3 plumes souilléesUtiliser un contenant en verre ou en papier et éviter le plastique afin de ne pas contaminer l’échantillon. Si plusieurs oiseaux sont trouvés, séparer les échantillons afin d’en faciliter l’identification. 
2) Accompagner chaque échantillon des informations suivantes :
- Date et lieu de découverte
- Espèce de l'oiseau si vous l'avez identifié
- Votre identité et vos coordonnées afin d’être recontacté par le service intervention du Cedre lorsque les résultats d’analyses seront disponibles
3) Informer Vigipol sur l’adresse pollution[@]vigipol.org  et le Cedre, à l’adresse intervention[@]cedre.fr  
4) Envoyer l’échantillon à l’adresse suivante : 
Service Intervention 
Cedre, 715 rue Alain Colas 
CS 41836 
29 218 Brest CEDEX 2 

- Si l’oiseau est une espèce d’intérêt pour la surveillance de l’influenza aviaire  oiseau d’eau +/- migrateur ou s’il y a au moins 3 individus d’une autre espèce au même endroit sans traces d’hydrocarbures : Prendre toutes les précautions en cas de manipulation pour ne pas contaminer d’autres oiseaux, et surtout domestiques : bien se désinfecter, et si possible éviter d’aller dans un élevage de volailles pendant 48 heures. Dans ces cas-là, prendre contact avec le réseau SAGIR (Service départemental de l’Office français de la Biodiversité ou en cas d’absence de réponse la Fédération départementale des Chasseurs) pour qu’ils puissent les prendre en charge et les amener au laboratoire départemental vétérinaire pour les analyser.

Coordonnées des services départementaux de l’OFB :
• Côtes-d’Armor : 02 96 33 01 71 - sd22[@]ofb.gouv.fr
   (en cas d’absence, appeler la FDC 22 au 02 96 74 74 29) 
• Finistère : 02 98 82 69 24 - sd29[@]ofb.gouv.fr
   (en cas d’absence, appeler la FDC 29 au 02 98 95 85 35)
• Ille-et-Vilaine : 02 23 36 02 25 - sd35[@]ofb.gouv.fr
• Morbihan : 02 97 26 14 33 - sd56[@]ofb.gouv.fr