40 ans plus tard

Quelles avancées ?

Amoco Cadiz, Erika, Prestige… Chaque marée noire s’est accompagnée de mesures visant à éviter les accidents maritimes ou à mieux indemniser les dommages en cas de pollution, parmi lesquelles : création d’un DST (Dispositif de Séparation du Trafic) au large d’Ouessant, procédure de mise en demeure du Préfet maritime lui permettant de contraindre un navire en difficulté à accepter d'être remorqué en cas de péril imminent, pétroliers à double coque, interdiction des bateaux poubelles dans les eaux européennes, création de l'Agence Européenne de Sécurité Maritime, augmentation des plafonds d’indemnisation Fipol, etc. et récemment, reconnaissance du préjudice écologique dans la loi française suite au procès de l'Erika. En parallèle, la répression systématique et dissuasive des auteurs de rejets illicites au large des côtes bretonnes a entraîné une baisse drastique du nombre d'infractions constatées. La pression doit cependant rester constante pour éviter que ces rejets ne repartent à la hausse. Vigipol reste donc sur le pont, car le risque demeure et le combat continue...

 

Le risque de pollution maritime existe-t-il toujours au large de la Bretagne ?

L’absence de marée noire sur les côtes bretonnes depuis 15 ans peut donner l’illusion que le risque n’existe plus. Les mesures de prévention ont certes permis d’éviter nombre de catastrophes, mais des accidents continuent de se produire régulièrement. D’autres types de pollutions sont apparus. Et le pétrole n’est sans doute pas le pire qui puisse arriver.

Carte Accidents Depuis Erika

 

Au fil des décennies, la fréquence des pollutions par hydrocarbures a sensiblement diminué grâce à la mise en place de mesures de prévention des accidents et de préparation à la lutte contre les pollutions : mise en place des dispositifs de séparation du trafic (DST), surveillance du trafic maritime par les CROSS, création du Manche Plan, remorquage et procédures d’accueil des navires en difficulté, exercices communs franco-britanniques, etc. À cela s’ajoutent des mesures au niveau européen (création de l’Agence Européenne de Sécurité Maritime, renforcement des règles d’inspection des navires, coopération renforcée entre États membres, etc.) et au niveau international (déclaration obligatoire des produits dangereux transportés dans les DST, sécurité des équipages, etc.). Si le risque de déversement d’hydrocarbures en mer a bel et bien diminué, le risque de pollution maritime demeure. Ainsi, les années 1980 ont vu l’apparition des pollutions par substances nocives ou potentiellement dangereuses (SNPD ou HNS en anglais - Hazardous & Noxious Substances), et les années 1990 celle de déversements fréquents de produits inertes, tels que le bois ou la multitude de produits non dangereux divers et variés que les conteneurs peuvent transporter.

Chaque type de pollution entraîne des contraintes de gestion différentes et nécessite une adaptation constante des autorités maritimes et terrestres. Les pollutions chimiques sont sans nul doute les plus préoccupantes pour les années à venir. En effet, un accident maritime, outre la sauvegarde de la vie des équipages, a tôt fait d’avoir des conséquences majeures pour la santé des populations riveraines, l’environnement et les activités économiques de l’ensemble de la zone.

En conséquence, le risque de pollution maritime accidentelle ne diminue pas, il change de nature et se complexifie. Enfin, l’évolution des navires modifie également l’aléa « pollution maritime ». En effet, les porte-conteneurs géants ont davantage d’hydrocarbures pour leur propulsion que de petits pétroliers. Le risque avec ce type de navires est donc de voir apparaître des pollutions multiples pour lesquelles, pour un même événement, plusieurs types de pollutions ou déversements seront à gérer concomitamment, renforçant ainsi la complexité des opérations.

 

Le rôle de Vigipol aujourd’hui

> Analyser le risque (mise en place d'un observatoire des pollutions maritimes en Bretagne)
> Prévoir les procédures appropriées pour permettre aux collectivités littorales de réagir en cas de pollution (plan Infra POLMAR)
> Sensibiliser les collectivités et le grand public aux risques (Document de sensibilisation « Pollution maritime – La Bretagne : du risque à l’action)
> Accompagner les collectivités littorales avant, pendant et après une pollution
> Faire que les acteurs se connaissent
> Tirer les enseignements de tous les évènements et en faire bénéficier les communes