Le risque de pollution maritime

Les informations incluses dans cette partie ont été publiées dans le document de sensibilisation intitulé ;" Le risque de pollution maritime en Manche", réalisé dans le cadre du projet Interreg IVA France (Manche) Angleterre CAMIS (Channel Arc Manche Integrated Strategy), paru en novembre 2013. Ce document est téléchargeable en intégralité dans "Publications".

 

Depuis les années 1960, la Manche a été le théâtre de pollutions et autres accidents maritimes dont les noms se sont gravés dans les mémoires : Torrey Canyon, Amoco Cadiz, Tanio, Ievoli Sun, Tricolor, Ece, MSC Napoli, etc. sans qu’aucune zone de l’espace Manche ne soit réellement épargnée. L’absence d’événement de mer significatif ces dernières années est sans doute dû aux mesures de prévention et moyens de surveillance du trafic maritime qui se déploient dans la zone. Mais le risque est-il écarté pour autant ?

Régulièrement, des navires continuent de s’échouer, de s’aborder, de prendre feu, de sombrer…faisant parfois de nombreuses victimes parmi les équipages et les passagers. Mais ces drames se produisant loin de nos côtes, les médias, presse spécialisée exceptée, se contentent de les relater par des entrefilets et le public ne s’en émeut que très peu. Informer et communiquer afin de favoriser la prise de conscience du risque maritime n’en est que plus ardu. Sans une bonne couverture médiatique dans un monde hyper médiatisé, il est impossible d’entretenir la pression de l’opinion publique indispensable pour activer l’engagement de la communauté maritime et des élus du littoral en faveur d’une meilleure protection de l’homme en mer, des populations littorales et de l’environnement marin. En outre, la conjoncture économique internationale pousse plutôt dans le sens des réductions des crédits destinés à la prévention des accidents maritimes.

Et pourtant… Le 17 juin 2013, le porte-conteneurs MOL Comfort, transportant 4 382 conteneurs, se brise en deux au nord de l’océan Indien. La partie arrière coule quelques jours plus tard avec 1 700 conteneurs et 1 500 tonnes de fuel de propulsion. La partie avant du navire flotte toujours. Les opérations de remorquage vers un port de la péninsule arabique débutent tandis que trois bateaux présents sur place tentent de lutter contre le feu, mais sans succès. La partie avant du navire finit par couler à son tour, par 3000 mètres de fond, le 10 juillet, avec à son bord 2 400 conteneurs et 1 600 tonnes de carburant. Outre les conséquences écologiques de ces déversements, le coût de la perte de la cargaison et du navire est estimé à plus de 400 millions d’euros, ce qui pourrait avoir des conséquences sur les primes d’assurance dans l’ensemble du transport maritime. Survenu loin des côtes, ce naufrage spectaculaire n’a que peu d’impacts directs avec les populations littorales et aura tôt fait d’être oublié par le plus grand nombre. Pourtant, quels enseignements tirer de cet accident ? Un événement de mer analogue pourrait-il se produire en Manche ? Sans aucun doute. Les interactions avec les autres activités en mer et avec les populations littorales seraient alors considérables.