Quels sont les risques ?

On confond souvent risque maritime et risque côtier. Cette confusion altère la perception du risque et donc les moyens de se préparer efficacement à y faire face à tous les niveaux. Le risque est la combinaison d’un aléa et d’une vulnérabilité.

D’un côté, le risque maritime est donc composé d’aléas (avarie, explosion, conditions météorologiques, densité du trafic, etc.) et de la vulnérabilité des navires (expérience de l’équipage, type de cargaison, âge et entretien du navire, etc.).

De l’autre, le risque de pollution côtière est, quant à lui, constitué d’un aléa (pollution maritime à la côte) et de la vulnérabilité du territoire impacté (définie par les enjeux, la résilience et la perception d’un territoire). Il faut donc qu’il y ait initialement un accident maritime avec pollution, avant que celui-ci ne concerne la côte.

Pour mieux appréhender ces réactions en chaîne, la figure ci-dessous illustre les risques induits par le trafic maritime en termes de causes et de conséquences potentielles.




Tout d’abord, tout navire génère du risque par lui-même et pour lui-même : avarie, incendie, explosion, erreur humaine, mise en danger de l’équipage ; ces facteurs  pouvant interagir, s’amplifier et s’aggraver les uns les autres. Par ailleurs, le navire est en constante interaction avec son environnement : à la fois le littoral, des hauts fonds, des écueils et les conditions de navigation (vent, houle, brouillard) qui pourront être à l’origine de pertes de cargaison ou aggraver les avaries, conduisant parfois au naufrage.

Le point de bascule entre un événement de mer sérieux et une catastrophe maritime est souvent atteint avec les conditions de navigation. Ainsi, certains événements auraient pu tourner à la catastrophe mais les navires ont pu se rétablir ou être remorqués parce que les conditions météo étaient clémentes. Et a contrario, des accidents sans grande gravité initiale ont mal tourné à cause de conditions de mer difficiles.

Interaction du navire avec son environnement mais aussi avec les autres activités en mer et à terre. La densité du trafic et des activités maritimes dans la Manche amplifie les risques de collision, d’incendie ou explosion et de mise en danger des personnes.

Enfin, à terre, les causes de pollution maritime sont le contact (lorsqu’un navire heurte une installation fixe : quai, bouée, etc.), les problèmes survenus lors des chargements et déchargements de marchandises, le risque d’effet domino induit par un incendie ou une explosion et la mise en danger des personnes.

Les acteurs du monde maritime, publics ou privés, ont œuvré au fil des décennies afin de réduire ces risques au travers de trois types de mesures. Les mesures de prévention visent à réduire la fréquence des accidents maritimes. Les mesures de préparation cherchent, quant à elles, à limiter les conséquences dommageables d’un accident lorsque celui-ci survient, c’est-à-dire les mesures à prendre quand tout va bien afin de mieux gérer la crise le moment venu (plan de secours, formation, exercice de crise). Les mesures de réparation, enfin, ont pour but d’améliorer l’indemnisation des victimes de la pollution.

Vrai ou faux ? Les pétroliers à double-coques sont plus sûrs
À court et moyen termes, la décision de retirer du service les vieux pétroliers à simple coque a permis d’anticiper le renouvellement de la flotte mondiale et donc de l’assainir. Pour le long terme, la vigilance s’impose parce que ce type de construction n’est pas sans défaut : plus grandes difficultés pour inspecter et entretenir les ballasts, risque d’explosion dans ces espaces, perte de flottabilité, déséchouement et remorquage plus complexes en cas d’avarie de coque, tranche machine non doublée, etc.