La Bretagne et les pollutions maritimes

77 déversements accidentels de nature et d’ampleur variables ont été recensés aux abords de la Bretagne entre 1960 et 2017:
  + 32 pollutions par hydrocarbures,
  + 16 pollutions chimiques,
  + 29 déversements de produits inertes.
À ces accidents, s’ajoutent 24 rejets illicites d’hydrocarbures qui ont donné lieu à des poursuites pénales.

 p8 carte

La pointe de la Bretagne et l’entrée de la Manche constituent une zone où la densité de pollutions est forte depuis les années 1960. La plupart d’entre elles se concentre aux abords des DST (Dispositif de Séparation du Trafic), qui sont situés dans les secteurs où le risque d’abordage est maximal compte-tenu des flux importants de navires qui s’y croisent. Les règles de navigation internationales qui les régissent limitent le risque sans toutefois le supprimer ; les difficiles conditions de navigation qui y règnent n’arrangent rien.

On recense d’importantes marées noires parmi les déversements d’hydrocarbures : Torrey Canyon (1967), Boehlen (1976), Amoco Cadiz (1978), Amazzone (1988), Erika (1999). Des pollutions chimiques, heureusement sans dommage majeur, n’ont pas été sans occasionner quelques frayeurs : Brea (1988), Perintis (1989), Albion II (1997), Junior M (1999), Ievoli Sun (2000), Safmarine Leman (2006), Ece (2006). Et les tempêtes sont souvent le théâtre de pertes de cargaison parfois massives, à l’image du Svendborg Maersk qui, en février 2014, perd 517 conteneurs en une seule nuit. La situation géographique de la pointe bretonne, dernier passage avant la Manche où tout type de rejet est interdit, en fait une zone propice aux rejets illicites pour les capitaines peu scrupuleux. Toutefois, leur répression par le Procureur de Brest a permis leur diminution : de 14 flagrants délits poursuivis par le TGI de Brest en 2004 à un seul en 2016, et aucun en 2017.

Ces pollutions n’ont cependant pas toutes touché le littoral ; certaines ayant coulé, été dissoutes ou récupérées en mer. Des territoires ont été beaucoup plus touchés et sont, malgré eux, plus expérimentés que d’autres en matière de pollution. La récurrence des arrivages a engendré chez les habitants et élus de ces territoires une conscience plus grande du risque de pollution.


Vrai ou Faux ? Les rejets en mer sont tous illicites

FAUX. Le nettoyage régulier des cuves est une opération indispensable au bon fonctionnement des navires citernes. L’annexe 4 de la convention MARPOL définit comment doivent être gérés les déchets générés par ce nettoyage. Ainsi, les rejets volontaires résultant d’opérations d’entretien sont autorisés en haute mer tant que leur concentration en hydrocarbures n’excède pas 15 ppm (parties par million). Ils sont interdits à proximité des côtes et, dans ces zones seulement, les eaux souillées doivent être déchargées au port.

 

Exemple : Torrey Canyon & Prestige : si loin et pourtant…

+ Mars 1967 : le Torrey Canyon s’échoue au Sud-Ouest de l’Angleterre. La moitié de la pollution souille les côtes britanniques tandis que l’autre atteint le Nord de la Bretagne.

+ Novembre 2002 : le Prestige se casse en deux au large de la Galice. La pollution touche massivement les côtes espagnoles et les côtes atlantiques françaises avant de s’étendre du Maghreb à la mer du Nord.

+ La mer ne connaît pas de frontière. Les risques de pollution qui menacent la Bretagne ne se limitent donc pas seulement à ses abords immédiats.