Le risque de pollution maritime existe-t-il toujours ?

L’absence de marée noire sur les côtes bretonnes depuis une quinzaine d’années peut donner l’illusion que le risque n’existe plus. Les mesures de prévention ont certes permis d’éviter nombre de catastrophes, mais des accidents ou presqu’accidents continuent de se produire régulièrement. D’autres types de pollutions sont apparus. Et le pétrole n’est sans doute pas le pire qui puisse arriver. p9 carte

Au fil des décennies, la fréquence des marées noires a sensiblement diminué grâce à la mise en place de mesures de prévention parmi lesquelles au niveau :
  +  national : mise en demeure, remorqueurs, etc.
  +  européen : création de l’Agence Européenne de Sécurité Maritime, renforcement des règles d’inspection des navires, coopération renforcée entre États membres, etc.
  +  international : déclaration obligatoire des produits dangereux transportés dans les DST, sécurité des équipages, etc.

Le risque de marée noire a bel et bien diminué, même si la marée noire survenue en mer de Chine en janvier 2018 vient nous rappeler que cela est toujours possible. Le risque de pollution maritime demeure. Les années 1980 ont vu l’apparition des pollutions chimiques, et les années 1990 celle de déversements fréquents de produits inertes, tels que le bois ou la multitude de marchandises non dangereuses diverses et variées que les conteneurs peuvent transporter.

Chaque type de pollution entraîne des contraintes de gestion différentes et nécessite une adaptation constante des autorités maritimes et terrestres. Les pollutions chimiques sont sans nul doute les plus préoccupantes puisque, outre la pollution elle-même, elles pourraient avoir des conséquences majeures sur la santé des populations riveraines. Le risque de pollution maritime accidentelle ne diminue pas, il change de nature et se complexifie. Ainsi, les porte-conteneurs géants ont davantage d’hydrocarbures pour leur propulsion que de petits pétroliers. Le risque est donc de voir apparaître des pollutions multiples pour lesquelles plusieurs types de pollutions seront à gérer concomitamment, renforçant ainsi la complexité des opérations.

Compte-tenu des conditions de navigation et des caractéristiques actuelles du transport maritime, les accidents les plus probables au large de la Bretagne sont aujourd’hui :
  +  des collisions en raison de la densité du trafic maritime
  +  des pertes de cargaison en raison des conditions de navigation, avec leurs corollaires : obstacle à la navigation occasionnant un risque de suraccident et arrivée massive de
      conteneurs à la côte
  +  des explosions et/ou incendies à bord des porte-conteneurs à proximité des côtes source de danger pour les populations littorales et les intervenants

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Focus : En 2017, au large de la Bretagne

+  8 situations anormales : trajectoire erratique, absence de réponse aux appels du CROSS, etc.
+  9 situations rapprochées avec risque d’abordage
+  197 avaries d’une durée ≥ 30 minutes dont 5 seulement ont nécessité l’intervention du remorqueur Abeille Bourbon (2 pour remorquage, 3 pour escorte)
+  47 signalements de pollution confirmés :
      - 38 pollutionS par hydrocarbures : 4 en flagrant délit, 6 avec navire identifié mais aucune n’ayant entraîné de poursuite, 12 liées à des épaves récentes et 16 nappes orphelines
      - 2 rejets de substances liquides nocives ou d’eaux usées sans source identifiée
      - 7 cas d’origine naturelle ou indéterminée