Pour quoi faire ?

La réglementation l’exige
En cas de pollution maritime, la réponse en mer est conduite par le préfet maritime dans le cadre du dispositif ORSEC Maritime (Organisation de la Réponse de SEcurité Civile). À terre, la coordination des opérations se répartit entre le maire et le préfet.
En raison de son pouvoir de police générale, le maire doit "prévenir, par des précautions convenables, et faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les pollutions de toute nature, pourvoir d’urgence à toutes les mesures d’assistance et, s’il y a lieu, provoquer l’intervention de l’administration supérieure" (art. 2212-2 du code général des collectivités territoriales). Sa responsabilité concerne les pollutions d’ampleur limitée. En cas de pollution d’ampleur exceptionnelle, le préfet prend la direction des opérations de secours. Le maire se subordonne alors aux ordres du préfet en mettant à sa disposition ses moyens humains et matériels.
Les opérations gérées par le préfet sont prévues dans le cadre du dispositif ORSEC POLMAR départemental. Aux maires de développer leurs propres outils opérationnels, si possible dans le cadre d’un Plan Communal de Sauvegarde (PCS).

Ce type de crise est complexe à gérer
Les pollutions maritimes ne sont pas des crises anodines. Elles génèrent une forte émotion au sein de la population et sont très exposées médiatiquement, plus encore avec le développement des réseaux sociaux. Les décisions prises par les autorités sont ainsi immédiatement observées à la loupe et commentées. Être capable de réagir rapidement, efficacement et à bon escient devient donc une nécessité.
Par ailleurs, le maire doit composer avec un grand nombre d’intervenants aux objectifs, prérogatives et manières de procéder parfois fort éloignées, tandis que le pollueur n’est pas toujours identifié.
Des connaissances approfondies dans de nombreux domaines (environnement, aspects juridiques & administratifs, indemnisation, etc.) sont requises. Cependant, la plupart des communes n’en disposent pas en interne. La commune doit donc faire appel à des experts compétents pour l’assister.

Le littoral breton est une zone à haut risque
En raison de la forte densité du trafic maritime au large des côtes (cf. carte), des conditions de navigation difficiles et des courants marins, la Bretagne est la région la plus touchée par les pollutions maritimes depuis les années 1960 : Torrey Canyon (1967), Amoco Cadiz (1978), Tanio (1980), Erika (1999). Depuis, le risque de marée noire a diminué, sans complètement disparaître toutefois.

Polluants et autres déchets non dangereux continuent pourtant de s’échouer régulièrement sur les côtes, de plus en plus souvent via des conteneurs tombés des navires au gré des tempêtes, en quantités et en natures très diverses. Et les « heureuses trouvailles » font souvent oublier le risque que constituent les produits chimiques pour la santé des populations et des intervenants. Les marchandises tombées des navires demeurent un danger qu’il convient de considérer comme tel.